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Le monde est technomagique
Article mis en ligne le 26 juillet 2013
par aldoniel
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 Magie, une définition

Mode de pensée relevant de la croyance, éludant la difficile explication scientifique de phénomènes inconnus, par l’implication de forces surnaturelles immanentes [1]

Pourquoi parler encore de magie au XXIe siècle, cette notion n’est-elle pas ridiculement dépassée ?

Pas vraiment, elle a juste changé de nom.

Il semble que l’homme ait naturellement besoin d’une vision cohérente du monde, notamment d’une explication plus ou moins détaillée aux différents phénomènes observables.

 Autrefois, on utilisait le concept de magie comme le cache-misère de l’ignorance.

observation —> explication .

Cette explication est caractérisée par les propriétés suivantes :

  • On ne peut la remettre en cause. Il faut l’admettre et y croire.
  • Elle n’est pas prédictive, c’est-à-dire que cette explication ne permet pas de prédire l’évolution du phénomène, d’un autre phénomène, ou en particulier de construire une application, machine etc.
  • Elle est arbitraire, la conséquence la plus directe, est qu’elle varie d’une culture à une autre.

Exemple typique :
Les éclairs dans le ciel, sont provoqués par le passage de Thor/Wotan, ou Zeus, dans son chariot céleste.

 Ce concept s’oppose diamétralement à la pensée scientifique :

  • Observation : hypothèse.
  • Construction d’une prédiction à partir de l’hypothèse.
  • Vérification de la prédiction par une expérience : si le résultat de l’expérience contredit l’hypothèse, alors l’hypothèse est fausse. Sinon, on conserve l’hypothèse jusqu’à ce qu’on parvienne à démontrer qu’elle est fausse (on peut pas réellement démontrer qu’elle soit vraie)

La différence majeure, dans la pensée scientifique, est qu’il n’y a pas de certitude. De plus, l’explication permet diverses prédictions, voire applications, ce qui renforce notre confiance dans la qualité de l’hypothèse.

Exemple (abrégé) :

  • observation des éclairs
  • théorie de l’électromagnétisme
  • réalisation de diverses prédictions confirmées par l’expérience : détection des ondes électromagnétiques, production d’éclairs à partir de machines électriques, etc.
  • application : paratonnerre, etc.

Mais pourquoi ce concept de technomagie ?

 La magie, n’a pas disparu, elle a juste changé de nom.

Le monde, a atteint un tel niveau de complexité technologique, que par raccourci intellectuel, il est devenu très nettement plus simple de l’appréhender par des explications magiques, à l’instar des explications magiques des précédents millénaires devant les phénomènes naturels.

Le problème n’est pas nouveau, Molière le soulevait déjà : l’opium fait dormir car il a des vertus dormitives.

Exemple : Le Wifi
Aujourd’hui, les gens sont terrorisés par les ondes électromagnétiques. Par exemple, il existe une méfiance vis-à-vis des ondes émises par le Wifi. Il y a quelques années, la mairie de Paris avait suspendu pendant un an à titre du principe de précaution les hot-spots Wifi municipaux, à cause d’employés, se plaignant de céphalées, fatigue chronique, troubles de concentration, douleurs, malaises, troubles du sommeil, troubles digestifs, etc. Ceux-ci, rapportèrent leur trouble à des expositions aux ondes Wifi.

Déjà, un esprit cartésien haussera du sourcil, en constatant, que ces symptômes fonctionnels, sont compatibles avec des manifestations somatiques présentes chez les gens déprimés. Des problèmes identiques sont rapportés par des personnes exposées aux antennes relais, des vaccinations, etc.
On s’interrogera de plus assez légitimement, sur l’apparition récente de ce trouble, sachant qu’en France, les émetteurs Wifi sont (stupidement) limitée à une puissance d’émission de 0,1 W (1 W aux États-Unis), alors que les gens sont exposés depuis des décennies à des émetteurs sur la même fréquence nettement plus puissants, que sont les fours à micro-ondes. Pour s’en convaincre, il suffit de mesurer la qualité du réseau Wifi pendant le fonctionnement d’un four à micro-ondes, surtout de mauvaise qualité, et de le voir diminuer, voire éventuellement s’interrompre.
On s’interrogera également sur l’absence de troubles provoqués sur la population pourtant exposée (sur des fréquences différentes) à des émetteurs incroyablement plus puissants que sont ceux de la radio et de télévision. L’émetteur d’Allouis de France Inter a une puissance de 200 000 W (sur une fréquence différente, heureusement pour les oiseaux, néanmoins c’est 2 millions de fois plus puissant).
On s’interrogera également sur l’exposition pendant des décennies des gens aux télévisions cathodiques, qui accessoirement étaient des émetteurs de rayons X (c’est pour cela que la dalle était plombée).

Pourquoi cette méfiance ? Les ondes, Wifi, l’énergie…, c’est technomagique.
La pensée rationnelle, l’esprit critique, sont exclus.
Il suffit de regarder l’interview d’une personne électro-sensible, pour la voir balayer systématiquement tout argument rationnel.
Sa pensée est exactement celle de la croyance.

 La magie fait peur, la technomagie aussi.

Éléments de confusion
Pour ne rien simplifier, la technologie, est capable de réaliser divers prodiges, qui autrefois appartenaient au domaine de la magie :

  • destruction divine de Sodome et Gomorrhe par une pluie de feu et de soufre. Hiroshima.
  • Transmutation du plomb en or. Transmutation de la matière au sein de laboratoires, ou création du plutonium dans les réacteurs.
  • Vol astral. Vol spatial.
  • Résurrection. Réanimation.
  • Etc.

 Comment lutter contre la technomagie ?

Le combat, vaut la peine d’être mené, même s’il est perdu d’avance : formation à la démarche scientifique.

On pourrait en espérer un une meilleure acceptation de la technologie et de ses bénéfices, l’élimination des peurs irrationnelles.

 Par exemple, en économisant les morts provoquées par l’absence de vaccinations.

Au passage, on notera que d’après les statistiques de l’INSEE, l’espérance de vie féminine en France en 2012. L’INSEE l’attribue à diverses infections dont la grippe.

Certaines personnes ont fait remarquer que le taux de couverture vaccinale contre la grippe a chuté après la campagne de vaccinations contre la grippe H1N1 [2] de 2009-2010. Non pas à cause de la grippe H1N1, mais parce que le gouvernement, à cause du principe de précaution dans une vision technomagique, a jugé bon de communiquer lourdement sur la nécessité d’éviter l’adjuvant aluminium pour les femmes enceintes. (Adjuvant utilisé depuis plus de 60 ans sans catastrophe sanitaire évidente).

Tout le monde a compris que le vaccin est dangereux, résultats, plus personne ne veut se faire vacciner (y compris une bonne partie du corps médical). L’épidémie a été inhabituellement prolongée, faisant baisser l’espérance de vie (cf.Bilan démographique 2012 de l’INSEE) [3] .
C’est un exemple parfait où la gestion irrationnelle d’une crainte, a permis de transformer un risque très théorique en mortalité réelle. Accessoirement, dans un État ayant pour devise clientélisme et copinage, on peut même recevoir la Légion d’honneur pour ces hauts faits d’armes. [4]

Notes :

[1( c’est-à-dire auto-justifiées, ou plus communément « ta gueule c’est magique ».).

[2Voir à ce sujet cette rétrospective lucide sur l’étatisation de la médecine en France : La campagne de vaccination Bachelot

[3« Durant les quinze premiers jours de février 2012, la France a en effet connu une vague de froid exceptionnelle [...], une épidémie de grippe qui a atteint son pic fin février et qui a continué début mars, et d’autres épidémies, respiratoires et de gastro-entérites, qui se sont développées au cours de la période. En plus de leur effet direct sur la mortalité, ces épidémies ont pu entraîner une vulnérabilité de personnes déjà fragiles et ainsi prolonger la surmortalité sur les mois suivants » Bon, je suis d’accord que le lien de causalité est litigieux, mais c’est l’INSEE qui le théorise. J’aurais pu donner l’exemple de l’arrêt de la campagne de vaccination de l’hépatite B au nom du principe de précaution, pour un risque finalement pas avéré de A à Z, mais certains esprits chagrins ont calculé par projection le nombre non négligeable de morts provoqués par l’absence de couverture vaccinale, via les cancers hépatiques secondaires aux hépatites B non prévenues.

[4cf. Roselyne Bachelot, qui heureusement a quitté le ministère de la santé pour celui des tomates farcies.

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